Mesdames et Messieurs, Membres du Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique
Permettez-moi, en ouverture des travaux de cette session, de vous souhaiter la bienvenue et de vous dire en toute sincérité, combien je suis fière de travailler au sein du Conseil aux côtés d’éminentes compétences de notre cher pays, établies tant au Maroc qu’à l’étranger.
J’ai eu l’insigne honneur d’être investie de la confiance de Sa Majesté le Roi pour assumer, dans le cadre du processus naturel d’alternance à la tête des institutions, la présidence du Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique ; l’objectif étant que ce dernier accompagne la dynamique du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique en cours dans notre pays. Nul besoin à ce propos de rappeler la sollicitude constante de Sa Majesté le Roi envers les questions de l’école, tous niveaux confondus, une sollicitude qu’il ne cesse d’affirmer dans ses différents discours, soulignant la nécessité de promouvoir le système éducatif pour qu’il assure la formation des citoyennes et citoyens marocains et qu’ils et elles puissent, à leur tour, participer activement à l’essor civilisationnel de notre pays et à son rayonnement dans le concert des nations.
Le passage de relais à la tête des institutions est un processus naturel. Quiconque s’est vu confier la responsabilité de présider le Conseil ne peut donc qu’en mesurer le poids, et le devoir qui lui échoit de contribuer à la promotion de cette institution, au meilleur service de l’école et en veillant à placer l’intérêt de l’apprenant au-dessus de toute autre considération. Dans ce contexte, je tiens à rappeler l’effort accompli par le professeur Habib El Malki durant la période où il a présidé ce Conseil.
Je suis honorée d’assumer la présidence de cette institution constitutionnelle, à la suite de présidents qui ont marqué de leur empreinte le Conseil. Je citerai ici feu Abdelaziz Meziane Belfkih, le professeur Omar Azziman et le professeur Habib El Malki.
Quiconque a pu prendre connaissance de leur action et des services qu’ils ont rendus à cette institution ainsi qu’au système éducatif dans son ensemble, mesure pleinement l’ampleur de leur contribution, la valeur de leur engagement et leur patriotisme indéfectible au service de l’intérêt général.
J’ai eu l’occasion avant aujourd’hui d’accompagner le Conseil : d’abord en tant que membre de l’instance délibérative durant le mandat de feu Abdelaziz Meziane Belfkih, puis, à une étape ultérieure, en tant que directrice de l’Instance nationale d’évaluation sous la présidence de Monsieur Omar Azziman. Avec lui, je partageais le souci de veiller à l’efficacité de cette institution, à un moment où l’éducation dans notre pays opérait un tournant décisif, nécessitant la mobilisation des idées et des compétences pour atteindre les objectifs escomptés, après que l’application de la Charte nationale d’éducation et de formation ait, dans une certaine mesure, connu des difficultés à réaliser le saut qualitatif attendu de la réforme.
Les efforts consentis alors, ont abouti à l’établissement des fondements d’une réforme globale du système éducatif ; une réforme incarnée par la Vision stratégique de la réforme 2015-2030 et par la loi-cadre 51-17. Cela exige aujourd’hui, dans le même esprit, d’accélérer la mise en œuvre de l’ensemble des dispositions de cette réforme dans le délai qui lui est imparti.
Mesdames et Messieurs les Membres,
La force et la richesse du Conseil résident dans la composition de son collège de membres, une élite d’acteurs et d’experts nationaux qui contribueront sans nul doute, à assurer un suivi vigilent et responsable du système éducatif, grâce à leur expertise, leurs connaissances et leur attachement indéfectible à défendre les enjeux de l’éducation de nos enfants. Il s’agira ainsi d’approfondir la réflexion, d’émettre des avis en auto-saisine ou en réponse à des saisines reçues, de réaliser des études, des évaluations, de formuler des recommandations… sur des questions essentielles et structurelles ayant un impact déterminant sur la promotion du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique.
Pour ce faire, il n’y a pas d’autre voie pour réussir notre mission que de conjuguer la capitalisation des acquis et l’impulsion d’une dynamique nouvelle qui tienne compte des enjeux du moment, en faisant preuve de créativité et d’innovation.
Notre institution est une entité constitutionnelle dont les missions et les prérogatives sont définies dans la Constitution et la loi. Dans le cadre de ce périmètre, elle se doit d’appliquer le principe d’objectivité, avec bienveillance mais sans jamais céder à la complaisance ; ce principe doit d’ailleurs s’appliquer à tous les travaux du Conseil, études, évaluations et avis sur le système d’éducation, de formation et de recherche scientifique. Le rôle du Conseil est aussi de fournir à toutes les composantes du système éducatif toutes propositions qu’il juge pertinentes et utiles, de même qu’il se doit d’informer la société objectivement sur l’état de son école et de son université.
Atteindre les résultats positifs escomptés de l’action de toutes les institutions ne peut se réaliser sans une véritable complémentarité entre l’intervention du Conseil et celle des départements ministériels en charge de l’éducation, la formation et la recherche scientifique. Cette convergence doit s’inscrire dans la durée, au service d’un objectif commun, à savoir produire un impact positif sur l’évolution de l’école, de l’université et des établissements de formation professionnelle.
Mesdames et Messieurs,
L’histoire récente de l’éducation et de la formation nous enseigne que la mise en œuvre effective des réformes peut être un processus lent, ponctué de ruptures qui mettent parfois à l’épreuve notre détermination et notre confiance dans la réforme. Les causes de cet état de fait ont été maintes fois identifiées dans divers rapports. Cette réalité nous interpelle de manière pressante à intégrer dans nos réflexions et préoccupations, d’une part les propositions de réforme et, d’autre part, la réflexion sur les mécanismes nécessaires à leur réussite et à la réduction des délais de leur mise œuvre, ainsi que ceux relatifs à la gestion du changement, en nous appuyant sur la loi-cadre, qui constitue le référentiel normatif de la réforme.
Cependant, autant la Vision et la loi définissent clairement ce à quoi nous aspirons pour notre système éducatif et autant nous sommes conscients de ses faiblesses, autant nous faisons face à des difficultés réelles pour accélérer les réformes et mobiliser l’ensemble des forces vives autour de celles-ci, dans un monde en perpétuelle transformation qui met à l’épreuve les systèmes d’éducation et de formation.
Chaque acteur du système éducatif doit garder à l’esprit que bon nombre de familles aspirent à éduquer et à instruire leurs enfants, car sont convaincues que l’éducation est un instrument clé de promotion sociale. Aujourd’hui, plus que jamais, l’heure est à une prise de conscience historique, en vertu de laquelle l’ensemble des acteurs du système d’éducation et de formation doivent se mobiliser en faveur de l’amélioration de notre système éducatif, car il s’agit du destin de nos générations actuelles, celles qui conduiront notre pays vers l’avenir.
On peut dire que les résultats de notre système éducatif sont porteurs de paradoxes, illustrés par deux phénomènes contradictoires :
- Le premier a trait au fait que notre système éducatif produit des diplômés brillants, pourvus d’un niveau d’éducation et de formation comparable à celui des meilleurs systèmes éducatifs internationaux. Il permet à certains titulaires du baccalauréat d’intégrer les universités et les grandes écoles les plus prestigieuses au monde. En outre, les chercheurs marocains, lauréats de notre système éducatif, se distinguent dans diverses disciplines scientifiques au sein de laboratoires et d’universités étrangères. Cela nous rappelle que notre système éducatif recèle un potentiel remarquable et qu’il est en mesure de produire l’excellence.
- Le deuxième phénomène, mis au jour par des études, des évaluations rigoureuses et de nombreux travaux de recherches, tant nationaux qu’internationaux, se manifeste par le problème du redoublement, qui touche une portion significative d’élèves, dont un nombre non négligeable finit par décrocher. Ces victimes de l’abandon scolaire se retrouvent hors du système éducatif, sans avoir achevé l’enseignement fondamental, ni bénéficié des programmes éducatifs du secondaire collégial et qualifiant et sans avoir acquis les compétences essentielles à leur intégration professionnelle et sociale.
- Le premier porte sur la présentation des résultats et des conclusions de l’évaluation des écoles pionnières un travail d’évaluation réalisé par l’Instance nationale d’évaluation auprès du Conseil.
- Le second concerne le projet de création d’un « Groupe de travail spécial» chargé de se pencher sur la question de la formation continue.


































